Entre diversité et spécificité


Ce mois-ci, voici une petite réflexion sur l’entraînement spécifique et l’entraînement diversifié.


Les théories sur l’entraînement sont nombreuses et peuvent largement différer d’une personne à l’autre. Certains, comme Mourihno, vous diront : « Un grand pianiste ne joue pas autour du piano et ne fait pas de pompes avec ces doigts. Pour être bon, il joue du piano ». Il préconise ainsi un entraînement purement spécifique. D’autres préconisent un entraînement plus varié, la réalité étant qu’il est nécessaire d’adapter l’entraînement à son sport et aux individus qui le pratiquent.


Cyrille Gindre, dans son livre sur le vivant et l’entraînement distingue deux types d’activités : les activités dites ouvertes comme les sports collectifs et les activités dites fermées ayant des mouvements très spécifiques. Les activités ouvertes facilitent la diversité car même un travail spécifique sollicitera plusieurs qualités tandis que les activités fermées imposent un développement plus important de la spécificité. Il y a cependant un risque de stagnation précoce si trop de spécificité est appliquée aux sports dits fermés. Le temps d’entraînement est aussi un point important. Plus le temps d’entraînement est réduit, plus il sera nécessaire d’aller à l’essentiel et donc vers un entraînement spécifique. Un temps d’entraînement plus long permettra de jouer sur une diversification de l’entraînement. Finalement, les capacités de l’athlète sont aussi déterminantes. En effet, un athlète présentant un point fort dominant pourra plus facilement effectuer un travail spécifique sur ce point tandis qu’un athlète plus généraliste appréciera un entraînement plus diversifié.


Les valeurs de l’entraînement sont aussi mises sur papier par Paul E. Robinson dans son livre sur le coaching sportif. Il utilise l’acronyme SPORT pour les décrire :



On retrouve les notions de spécificité (S) et de diversité (T). La progression et la charge d’entraînement ainsi que la réversibilité des effets de l’entraînement sont trois autres points cruciaux.


Pour faire le lien avec l’analyse de Cyrille Gindre, le tir à l’arc fait plutôt partie des sports dits fermés. Le mouvement est très spécifique et doit être maîtrisé à la perfection. C’est donc un sport dans lequel nous allons faire beaucoup d’entraînements spécifiques. Le peu de temps d’entraînement à disposition nous mène aussi vers plus de spécificité. Cependant, il est important de toujours chercher la diversité au sein de cette spécificité. Les exercices effectués avec l’arc peuvent être multiples et permettre de travailler différents points du mouvement, du mental ou de la condition physique générale. Je ferais ici le lien avec l’acronyme de Paul Robinson, l’ennui est un point crucial de l’entraînement. Un athlète qui s’ennuie est un athlète qui perd sa motivation. Il est donc essentiel de lui apporter la diversité nécessaire à sa curiosité et à son envie de découverte. Un peu de diversité dans notre sport si spécifique pourra donc toujours apporter une dimension motivante, que cela soit par des exercices de précision, de mental, d’endurance ou autres.


Les deux livres cités que je vous recommande vivement si les manières de s’entraîner et le coaching sportif vous intéressent :



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Noelia Herrero

Entraîneur Swissolympique

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